Vrai ou faux ? Un ordinateur, c'est une machine intelligente01/07/08 Quatrième volet de notre collection d'idées reçues.
Sous sa forme affirmative, négative ou interrogative, cette phrase fait référence aux comparaisons que nous avons facilement tendance à faire entre l'ordinateur et l'être humain, en particulier son cerveau.
C'est d'ailleurs le pari engagé autour de l'intelligence artificielle
Un programme informatique qui joue aux échecs ou un robot capable de s'adapter à l'environnement, voire de simuler des manifestations liées aux sentiments (colère, tristesse, joie, etc.), possèdent apparemment un certain degré d'« intelligence ». Mais de quelle intelligence s'agit-il ? Cette question en évoque une autre : qu'est-ce que l'intelligence ? Ce vaste sujet est de nature philosophique, nous ne chercherons donc même pas à en discuter ici. Arrêtons-nous plutôt un instant sur le débat qui anime la communauté des chercheurs en informatique depuis de nombreuses années et résonne dans l'imaginaire collectif. L'informatique est-elle capable de reproduire des formes d'intelligence humaines ? la réponse est oui... mais l'« intelligence » d'un programme informatique est limitée à un domaine de compétence bien particulier. Par exemple, des ordinateurs programmés pour jouer aux échecs sont aujourd'hui
capables de battre le champion du monde mais ils se feraient battre par un
enfant à un simple jeu de devinettes, tout simplement parce que les
connaissances qui sont stockées dans leur mémoire, et les stratégies qui
sont codées dans leur programme sont spécifiques aux règles du jeu d'échec.
Certes, il suffit de les remplacer par d'autres connaissances et d'autres
stratégies pour rendre l'ordinateur capable de jouer au jeu de dames ou
au jeu de go
Autres exemples, des résultats ont été obtenus dans le domaine de la reconnaissance de la parole De même sait-on aujourd'hui formaliser certaines formes de connaissances sémantiques et les manipuler grâce à l'informatique, on parle d'ontologie Si les programmes informatiques sont capables de battre des humains aux échecs, voire même au go, c'est grâce aux progrès de l'algorithmique, qui permet de s'attaquer à des problèmes de plus en plus complexes. Algorithmes manipulant des représentations de nos connaissances sous forme de modèles soit du monde naturel
En particulier, les techniques d'apprentissage automatique
De là, les tenants de l'intelligence artificielle « forte » pensent qu'on peut doter les ordinateurs d'introspection et de conscience, comme en témoigne Jacques Pitrat Les partisans d'une intelligence artificielle « faible », à l'exemple de John
Searle
Pour en savoir plus, lire aussi un petit livre qui recense les idées reçues sur l'intelligence artificielle
Parmi les idées reçues précédentes : Les ordinateurs ne se trompent jamais |