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Date de parution
03/03/2010
Mots-clés
  • Utilisateur
http://interstices.info/bibliotheque-societe

STIC et impact sur la société  

Quelques références pour réfléchir aux enjeux des sciences et technologies de l'information et de la communication pour notre société.

« Le monde est-il numérique ? »

Hors-série de Sciences et Avenir : La magie des nombres (octobre 2009)

couverture

« Le monde est-il numérique ? » La question, posée à deux philosophes des sciences et à deux chercheurs en informatique, fait ressortir des points de vue pour le moins divergents : « Il n’y a pas de nombres dans la nature », « L’ordinateur ne traite que des symboles », « La nature n’est pas prédictible », « Le monde entier est peut-être numérisable ». Les quatre réactions rendent ainsi compte d’interprétations très différentes de l’adéquation, que d’aucuns ont qualifiée de « déraisonnable », des moyens de modélisation qu’apportent les mathématiques, et maintenant l’informatique, à l’analyse, la compréhension et la prédiction des systèmes naturels. Ce débat particulièrement roboratif s’insère dans le dossier sur « La société numérique » du passionnant hors-série que Sciences et Avenir consacre à « La magie des nombres ».

Pourquoi et comment le monde devient numérique

Gérard Berry

couverture

Leçon inaugurale de la Chaire d'Innovation technologique Liliane Bettencourt document externe au site, au Collège de France le 17 janvier 2008.

Accéder à la vidéo document externe au site, écouter la leçon en MP3 document externe au site, télécharger le support visuel document externe au site (en PDF).
Le texte de la leçon inaugurale, édité aux Éditions Fayard, est disponible en librairie.

L'informatique est partout, c'est devenu banal de le dire, mais qu'entend-on vraiment par là ? Comprend-on bien que le numérique, aujourd'hui, loin de se cantonner aux ordinateurs, est bien plus répandu dans les objets technologiques les plus divers, des téléphones aux avions ? Quelles en sont les implications, les qualités mais aussi les inconvénients, à commencer par les bugs ? Pleinement en accord avec la devise du Collège de France, « enseigner la recherche en train de se faire », Gérard Berry présente une vision de l'informatique au sens large axée sur ses fondements scientifiques.

 

Jaillissement de l’esprit – Ordinateurs et apprentissage

Seymour Papert (Flammarion 1981, réédition 1999)

couverture

Un rêve : une démarche pédagogique, qui non seulement tolère l’erreur, mais l’utilise pour soutenir l’élève dans la construction de ses connaissances et de ses savoir-faire. Un apprentissage, moins « de » l’informatique que « par » l’informatique, plus précisément par la programmation en langage Logo.

Langage de programmation complet, Logo est de fait plus connu pour son association avec la « tortue » en savoir plus, qui dessine à l’écran des figures géométriques en suivant les instructions d’un programme. Un « bug » dans le programme ? Ce n’est pas une erreur à sanctionner, mais une réflexion à mener sur la séquence d’instructions, qui ne produit visiblement pas le résultat attendu : recherche de l’origine du « bug » par l’élève, correction du programme, examen et analyse de la nouvelle figure produite, et ainsi de suite jusqu’à l’obtention du résultat, qui sera jugé correct par l’élève lui-même dans la mesure où la figure obtenue se révèlera conforme à l’objectif qu’il s’était assigné.

Dans son ouvrage, Seymour Papert document externe au site, chercheur en informatique au MIT, argumente et explique en quoi cette démarche constructiviste pourrait être un remède contre la « phobie des mathématiques » qui prend naissance dans les salles de classe.

Ah oui, j’oubliais : la première édition de cet ouvrage a été publiée en 1980 en anglais sous le titre Mindstorms – Children, computers and powerful ideas, puis publiée en français en 1981. Vous dites ? Nous sommes en 2008 ? Ah ? Désolé, j’étais encore en train de rêver...

François Rechenmann

 

De la programmation considérée comme un des beaux-arts

Pierre Lévy (La Découverte 1992)

couverture

Ce livre décrit quatre expériences, vécues, de confrontation entre des experts d'une réalité indicible et des informaticiens qui doivent automatiser les tâches de ces experts : aide à la prévision du cours des devises, aide à l'application de lois sur la protection de l'enfance... L'auteur décrit très minutieusement les allers et retours entre les experts des domaines concernés et l'expert « programmeur ». Selon Pierre Lévy, s'échafaude alors une intelligence collective à laquelle les hommes et la machine prennent part. Ce livre fournit donc des éléments de réflexion intéressants sur l'intelligence des machines. L'auteur discute aussi de la position du « programmeur » ; pour qui travaille-t-il ? Pour les utilisateurs, pour son patron, pour les clients de son patron, pour lui-même ?
Lire une critique plus détaillée de cet ouvrage en savoir plus.

 

Les arbres de connaissances

Michel Authier et Pierre Lévy (La Découverte 1993)

couverture

Ce livre et le projet qu'il décrit sont issus de la « mission Serres » de 1992 sur la fondation d'une Université de France pour l'enseignement à distance. Les auteurs présentent un système concret et une utopie intéressante : que pourraient devenir l'acquisition et la validation des connaissances grâce à l'informatique ? Le grand intérêt de cet ouvrage vient de ce qu'il donne une forme imaginaire et futuriste mais concrète à tout un imaginaire théorique tournant autour des notions d'autonomie, d'auto-organisation, de convivialité, d'identité. Un formalisme en lien avec les philosophies modernes sur ce sujet : les arbres de connaissances sont fondés sur des principes d'auto-organisation, de démocratie et de libre-échange dans le rapport au savoir.
Un livre pour ceux qui veulent entrer au cœur de ce sujet.
Pour en savoir plus sur le contexte du projet document externe au site.

 

La grande histoire des codes secrets

Laurent Joffrin (Points 2010)

Une grande histoire racontée dans un petit livre de dix chapitres, qui introduisent les principales classes de chiffrement d’avant l’ère de l’informatique. Si les textes sont plus historiques que techniques, chaque chapitre se termine sur une énigme proposée au lecteur, et dont la solution, commentée à la fin de l’ouvrage, permet de saisir les principes élémentaires de la cryptanalyse. Les lecteurs d’Interstices apprécieront particulièrement le dernier chapitre relatant la vie et les travaux d’Alan Turing. Ce livre constitue une plaisante et très abordable introduction aux codes secrets. Le lecteur mis en appétit pourra compléter ses connaissances en lisant l’ouvrage de Simon Singh sur le même sujet, présenté ci-dessous.


Histoire des codes secrets ; de l'Égypte des pharaons à l'ordinateur quantique

Simon Singh (Jean-Claude Lattès 1999 et Le Livre de Poche 2001)

couverture

Traduction de : The Code Book.
L'auteur guide son lecteur au travers de l'histoire de la cryptographie. Il en dévoile la complexité croissante sans jamais devenir complexe. Ne se réfugiant pas dans la technologie, il présente le facteur humain, quand la paresse et la routine fragilisent un code secret, ou quand la détermination et l'ingéniosité permettent de le casser.
Un livre très abordable (dans tous les sens du terme) et très complet sur le sujet.


La guerre des codes secrets

David Kahn (InterÉditions 1980)

couverture

Traduction de The Codebreakers (1967), édition en anglais revue en 1996.
Ce livre écrit par un spécialiste de l'histoire de la cryptologie raconte l'histoire de cette « science du secret », d'abord utilisée par les princes, les diplomates et les militaires et qui aujourd'hui concerne tout le monde. Précis, fiable, cet ouvrage passionnant montre que la cryptologie a joué un rôle souvent insoupçonné dans de nombreux événements historiques aussi bien dans le passé proche que lointain.
Facile à lire, ce livre réjouira les experts comme les simples curieux.

 

Théorie algorithmique des jeux et enchères combinatoires

Claire Mathieu

conférencier

Conférence donnée dans le cadre du Colloquium Jacques Morgenstern à Sophia Antipolis.
Voir la vidéo document externe au site au format Real.

En algorithmique, le souci principal est d'obtenir des solutions efficaces, alors qu'en économie, il s'agit surtout de trouver des solutions compatibles avec les intérêts de chacun. Rapprocher ces deux points de vue est une préoccupation qui a émergé récemment.
Comment inciter les participants à une enchère à révéler la véritable valeur qu'ils accordent à un objet ?
Comment est déterminé le prix des liens commerciaux des moteurs de recherche ?
Dans un système de multicast, comment partager au mieux le coût des liens entre les différents participants ?
À travers quelques exemples présentés de façon très vivante, Claire Mathieu montre comment la convergence de ces deux disciplines aboutit à des résultats théoriques novateurs.

Poulet farci

Rupert Morgan (Éditions 10-18 2002)

couverture

Traduit de l'anglais.
L'histoire se passe dans un pays qui ressemble fort aux États-Unis. Un petit reporter spécialisé dans le bizarre et le scandaleux se voit proposer d'écrire une biographie sur un grand magnat de l'informatique. Au fur et à mesure se développent plusieurs histoires, qui constituent une satire sociale (sont évoqués la révolution informatique, la course au profit au mépris de l'individu, le cynisme des dirigeants, la fatuité des politiques, les soucis quotidiens du « petit peuple »...) : loufoque et délirant. Mais aussi de quoi nourrir notre réflexion sur les enjeux des sciences et technologies de l'information et de la communication pour notre société.

Société de philosophie des sciences

couverture

La Société de philosophie des sciences a tenu son troisième congrès du jeudi 12 au samedi 14 novembre 2009 à Paris, dans les locaux de la Sorbonne.
Cette société savante a pour but de promouvoir la philosophie des sciences, elle est ouverte à toutes les formes de réflexion sur la science et sur la pratique scientifique.

Le thème principal du congrès est « Sciences et décision », l'occasion de réfléchir, lors de conférences plénières et de sessions menées en parallèle, aux questions suivantes :

  • Quels sont les liens entre les sciences et la décision ?
  • Quels choix se présentent aux chercheurs et aux responsables des programmes scientifiques ?
  • Sur quoi leurs décisions se fondent-elles ou devraient-elles se fonder ?
  • Comment prendre de « bonnes » décisions à l'aide de connaissances scientifiques dans des situations d'incertitude ?
  • Quand et selon quelles modalités est-il possible de décider « scientifiquement » ?
  • Que sont les sciences de la décision et sur quoi se fondent-elles ?

Pour en savoir plus sur la SPS et le congrès, voir le site web.