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19/02/2009Sommaire du document
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D’une informatique centralisée aux réseaux généraux : le tournant des années 1970
Comment est-on passé de machines fonctionnant en local à la mise en réseau des ordinateurs, puis des architectures propriétaires, où le réseau ne supporte que les machines d’un même constructeur, à des réseaux généraux ? Quels sont les apports des réseaux Arpanet ou Cyclades, de TCP/IP et de l’OSI (Open Systems Interconnection) dans les années 1970 ?
Au début des années 1960, le paysage informatique est dominé par de gros calculateurs, qui fonctionnent en local : les informations sont fournies à l’entrée par une carte perforée, ou un ruban magnétique, manipulés par des opérateurs, et on recueille les informations à la sortie.
Comme l’écrit R. Rocquet en 1962 dans la Revue des PTT de France : « Il s’agit donc d’une machine desservie par quelques spécialistes, remplaçant dans les locaux même d’une entreprise un service de secrétariat, de comptabilité, ou de bureau technique. »
1. De l’idée de transmettre des données à celle des réseaux d’ordinateurs
Ce fonctionnement est simple quand les terminaux et l’ordinateur sont au même endroit, mais cela limite leur utilisation. Pour travailler à distance, les cartes perforées ou les bandes magnétiques sont expédiées par la poste ou par coursiers. Dès la fin des années 1950 et le début des années 1960 toutefois, les administrations des Télécommunications offrent la possibilité de transférer automatiquement les données au moyen de lignes spécialisées (télégraphiques, télex, téléphoniques). L’introduction de ces moyens de télécommunications permet un changement majeur : une transmission presque instantanée entre deux lieux distants. On parle alors de transmission de données.
À la fin des années 1960, le transfert point à point entre calculateurs laisse progressivement place à des réseaux commutés équipés de modems. Les calculateurs sont connectés à des lignes de télécommunications pour accéder à des terminaux. Ceci implique le couplage de deux techniques et de deux types de messages différents, puisque le réseau téléphonique transmet des données alphanumériques et le calculateur des données numériques (code binaire), cette difficulté étant contournée par des modems.
Temps partagé et partage d’informations
Deux axes de réflexion féconds se développent en parallèle. Les recherches portent d’une part sur une utilisation collective, partagée de la machine, l’utilisateur mettant au point ses programmes en ignorant que de nombreux autres utilisateurs se servent de la machine dans le même temps. D’autre part, il s’agit de permettre une utilisation collective, partagée, des programmes de traitement et des informations, qui ouvre à des non-informaticiens l’utilisation de l’ordinateur.
Les systèmes d’utilisation partagée des ordinateurs autorisent plusieurs programmeurs à utiliser la machine en même temps, alors qu’avec le traitement par lots les temps de réponses étaient longs et les machines sous-exploitées. Les premiers pas dans le temps partagé
sont effectués par le projet CTSS
(Compatible Time-Sharing System) au MIT, puis la réalisation du PDP 1, et au début des années 1970 l’apparition des machines IBM 370.
En ce qui concerne le partage d’informations
, la puissance de calcul étant un élément coûteux, le système en ligne (on line system), vise à ce que plusieurs utilisateurs partagent les mêmes données et programmes. Ce concept est défini au Massachusetts Institute of Technology par Wesley Clark en 1954.
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| Terminaux du réseau SABRE.
Photo Archives IBM |
Plusieurs utilisateurs à des kilomètres de distance, par exemple des employés à partir d’un terminal, partagent des informations et traitent des problèmes identiques. C’est le cas dans le réseau SABRE
tourné vers les réservations aériennes.
Dans les années 1960, les utilisateurs cherchent donc à soumettre des travaux à distance et à saisir les données en temps réel, à s’affranchir du « support papier » en entrée.
Enfin, le temps partagé permet une véritable interaction entre l’homme et la machine, mise simultanément au service de plusieurs utilisateurs.
Des réseaux centralisés
Comme le rappelle Louis Pouzin dans un article de La Recherche de février 2000 intitulé « Cyclades ou comment perdre un marché » : « Dans les années 1970, le modèle de l’époque relevait du jacobinisme parfait : un ordinateur central était relié à quelques centaines de terminaux par le moyen de circuits téléphoniques loués aux PTT. Pour le reste, il s’agissait d’exploiter au maximum les vertus du temps partagé : le calculateur répondait, tour à tour, à chacun des terminaux. Le résultat donnait des vitesses de transmission qui se situaient autour de 30 à 240 caractères par seconde. »
La structure des réseaux est alors de type étoilé, c’est-à-dire que les échanges d’informations ont lieu entre l’ordinateur central et un terminal particulier. Habituellement, il n’y a pas d’échanges entre les terminaux eux-mêmes. Puis naît l’idée d’interconnecter les différents terminaux, ce qui permet l’apparition de réseaux spécialisés.
L’évolution vers une informatique en réseaux, répartie, décentralisée, aux « terminaux intelligents », n’est cependant pas naturelle ou évidente. À une informatique centralisée, où règne l’incompatibilité entre les calculateurs, la recherche en téléinformatique va chercher à substituer une informatique en réseaux qui implique progressivement la compatibilité des ordinateurs.
