Quelle place pour la voiture en ville ?23/11/04 Au moment du Mondial de l'automobile, qui suit de près la Journée sans voitures, on peut se demander à juste titre quelle sera la place de la voiture dans la ville du futur. On voit en effet se multiplier les annonces sur la réduction de l'espace pour circuler, la suppression de places de parking, les péages urbains, l'interdiction des 4x4, etc. Pourquoi tant d'animosité envers ce merveilleux outil de liberté que chacun désire dès son plus jeune âge ?
1. La voiture et ses usagesLa voiture est accusée de plusieurs défauts qui la rendraient incompatible avec la ville. Elle pollue, elle contribue à l'effet de serre, elle est bruyante, elle est dangereuse et gourmande en espace. Si les constructeurs ont fait de gros efforts sur les 3 premiers points, les problèmes persistent en milieu urbain sur la sécurité et surtout sur l'utilisation du domaine public La sécurité peut être améliorée via des contraintes sur la voiture, par exemple les vitesses limitées automatiquement, mais l'utilisation de l'espace reste le point dur face à une explosion des déplacements et une demande croissante de places de stationnement La solution est bien évidemment dans une complémentarité entre les modes de transport, un meilleur usage de la voiture, voire dans une redéfinition de la voiture. Autant faut-il pour cela comprendre l'évolution des centres urbains. Quel est le dessein de la ville de demain ?La ville a été gravement dévitalisée par l'accroissement de la mobilité et par la périurbanisation (souhaitée ou subie). Elle doit désormais se recentrer, se rassembler autour de valeurs telles que la vitalité économique, la qualité environnementale et la solidarité sociale. La concentration urbaine conserve, en effet, certaines vertus qu'il est possible de réhabiliter au-delà du seul patrimoine bâti. Alors d'un côté, on restaure les vestiges de l'histoire, de l'autre, on spolie le territoire disponible. D'une main, on piétonnise le passé, de l'autre, on surmotorise le présent. Cette cohabitation peut-elle durer lorsqu'on parle de développement durable ? La culture Internet aidant, l'homme est plus instantanément près de tout et il est poussé à avoir des réflexes de très grande mobilité physique. Après le domicile-travail (métro-boulot-dodo), c'est la croissance des activités de loisirs qui est à l'origine d'une très forte augmentation des déplacements individuels motorisés. Qu'observe-t-on face à l'évolution de l'urbanisme ? Très logiquement, le même phénomène constaté auparavant, transposé aux transports : les transports publics deviennent des transports de proximité spatiale et temporelle. D'une part, on redécouvre le tramway que l'on avait un peu partout sacrifié face à la praticité de l'automobile, alors qu'à l'autre bout de la mobilité, on cultive « l'automobile plurielle », polyvalente et individualisante... Les paradoxes du développement urbain sont donc suivis, en toute logique, par ceux des transports. En effet, la demande en matière de déplacements a beaucoup évolué et les besoins de l'usager varient tout au long d'une journée, se dispersant dans le temps et l'espace. À cela, les transports en commun n'apportent actuellement pas de réponse performante. C'est pourquoi les espoirs se tournent vers de nouveaux modes de déplacements complémentaires, publics ou privés, étudiés et expérimentés dans de nombreux pays européens. Depuis le début des années 1990, l'INRIA (Institut national de recherche en informatique et en automatique) étudie avec des partenaires tels que l'INRETS (Institut National de Recherche sur les Transports et leur Sécurité) comment les techniques de l'information et des télécommunications pourraient faire émerger ces nouveaux modes. Des véhicules en libre-service
La solution qui s'est imposée rapidement est le partage de la voiture. Non pas le co-voiturage qui conduit plusieurs individus à partager un même véhicule, mais le partage dans le temps, avec des véhicules publics qui sont mis à la disposition des usagers pour aller d'un point à un autre. Ce système à base de technologies de l'information et de la communication (GPS, carte à puce, communications numériques, gestion en temps réel...) a été développé et testé pour la première fois dans le projet Praxitèle avec 50 véhicules électriques Renault à St Quentin en Yvelines en 1997. Avec le libre-service, les villes désireuses de réduire fortement les nuisances de la voiture tout en offrant un service permanent de mobilité, peuvent désormais contraindre la circulation des véhicules polluants tout en offrant une alternative écologique et économique. Ces offres sont en cours de mise en œuvre dans une majorité des villes du programme européen CIVITAS II. On estime qu'une voiture en libre-service peut ainsi remplacer près d'une quinzaine de véhicules tout en offrant aux citadins un véritable choix Malheureusement, pour des raisons d'organisation, ces véhicules ne sont disponibles que dans un ou quelques parkings distribués là où la demande est forte. Afin qu'ils soient disponibles en tout lieu et à toute heure, leur ré-acheminement automatisé ou semi-automatisé se doit d'être résolu. [ Page suivante ]
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