Mieux prévoir les phénomènes météorologiques14/03/06 Lorsqu'on se remémore l'ouragan Katrina, travailler à améliorer les prévisions météorologiques prend tout son sens. Pour cela, il faut être capable de prendre en compte des sources d'information hétérogènes, et de coupler des modèles différents.
En cas d'ouragan ou d'inondation, la prévision météorologique peut contribuer à sauver des vies humaines lors d'événements paroxysmiques comme Katrina, mais aussi éviter des évacuations coûteuses lorsqu'elles s'avèrent inutiles. Cependant, son intérêt ne se limite pas à ce domaine. Du point de vue économique, elle apporte une aide à la gestion des centrales électriques et des barrages. Elle permet aussi d'optimiser les trajectoires d'avions pour profiter des courants jet en haute altitude. La prévision océanique est utile pour définir les trajectoires de navires ou les zones de pêche. Pour la Défense, elle conditionne le positionnement des sous-marins.
En vue de la prévision, on dispose de plusieurs sources d'information hétérogènes tant en nature qu'en qualité et densité : de l'information de type mathématique, physique, statistique, ainsi que des images. L'information de type mathématique, ce sont les équations qui gouvernent l'évolution des fluides : océan et atmosphère. Il s'agit de systèmes d'équations complexes que l'on sait résoudre de façon approchée sur des ordinateurs de grande puissance. L'information de type physique est obtenue par des mesures directes ou à distance, effectuées par exemple par des satellites. L'information de type statistique porte sur les événements passés. Enfin, on dispose d'images comme celles fournies par les satellites Météosat (dont on voit les produits à la télévision dans les bulletins quotidiens de prévision météo). Pour prévoir, il faut savoir d'où l'on partDans notre cas, il faut reconstituer l'état de l'atmosphère et de l'océan à un instant donné, puis l'on obtiendra la prévision en résolvant les équations. Mais ceci est vrai pour tout domaine : si l'on veut prévoir, il faut d'abord savoir d'où l'on part. Pour déterminer cet état initial, le problème clé est le couplage des sources d'information. Dans les années 1980, François-Xavier Le Dimet a pour cela proposé d'utiliser des techniques de contrôle optimal
La mise au point de ces modèles En effet, toutes les composantes de l'environnement communiquent. Ainsi, l'atmosphère agit sur l'océan et sur les rivières, et la réciproque est vraie. Le développement de la puissance de calcul disponible va permettre de coupler les modèles afin d'aller vers une prévision plus précise. Modèles et données associéesMais l'utilisation de modèles ne prend tout son sens que si on a les données associées. Obtenir ces données n'est pas toujours aisé. Le coût d'une mesure directe est élevé voire prohibitif, par exemple pour mesurer l'humidité du sous-sol. L'observation de la Terre par des satellites fournit une gigantesque quantité d'information, dont la plupart n'est pas utilisable directement. En revanche, lorsque de nouvelles données précises sont disponibles, cela peut entraîner des progrès considérables dans le domaine concerné. Ainsi récemment, les satellites TOPEX-Poséidon et Jason, par une mesure très précise de la hauteur de la surface de l'océan, ont initié une véritable révolution en océanographie, concrétisée aujourd'hui dans le projet Mercator Océan, qui délivre des analyses et des prévisions océanographiques en temps réel. L'équipe IDOPT, notamment par les travaux d'Éric Blayo et Laurent Debreu sur l'amélioration des modèles, a été au centre des développements méthodologiques pour ce projet.
Autre recherche en cours, l'assimilation des images La collaboration entre disciplines différentes est une tâche longue et difficile, mais ô combien exaltante ! Coupler des modèles, c'est aussi coupler des disciplines qui ont des langages, des pratiques différentes. Les mathématiques servent ici comme socle commun de connaissances, et il revient au mathématicien de jouer un rôle fédérateur dans les sciences de l'environnement.
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