Interstices


  Lire et voir

Pour la plage, la montagne, la campagne... voire le bureau ou le labo !

Interstices a sélectionné pour vous quelques livres qui, nous l'espérons, vous feront rêver, sourire... et réfléchir.

Un logique nommé Joe

Murray Leinster, 1946 (Édition française, le passager clandestin, 2016)LV logique-Joe

Dans un futur non précisé, on utilise des appareils appelés « logiques », dotés d'un écran et d'un clavier connectés à des « réservoirs » eux-mêmes connectés entre eux pour regarder la télévision, lire les nouvelles, consulter la météo, etc.  C'est somme toute assez banal aujourd'hui. Mais le livre dont nous parlons a été écrit bien avant que les termes « intelligence artificielle » et « algorithme » n'entrent dans le discours politique avec Uber et Google. Avant le Web, avant Internet, avant les grandes promesses de l'IA naissante, avant le Test de Turing, avant les ordinateurs de Von Neumann et autres... Cela précède de peu les premières œuvres d’Asimov (ex. Les Robots, 1950) et c’est contemporain du Memex (1945) de Vannevar Bush.
Ce petit livre de 40 pages décrit une utopie devenue notre quotidien, et explore la faille à laquelle on pense tous : la prise d'autonomie d'un algorithme déviant. Un jour, un « logique » souffrant d'un défaut de fabrication qui lui fait perdre les inhibitions prévues par le concepteur se met à répondre froidement à des demandes comme « Comment devenir riche ? », « Comment se débarrasser de son conjoint ? »... C'est simple et direct comme du Asimov, en légèrement plus incarné. En ces temps où l'on entend également beaucoup parler d'égalité homme-femme, on remarquera aussi que là où Asimov nous montre des rôles de chercheuses, de professeures, et d'ingénieures, Leinster ne nous présente que des rôles d'épouses et de maîtresses.

Olivier Ridoux

Millenium 4 - Ce qui ne me tue pas

David Lagercrantz (Éditions Actes Sud 2015) 

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Ce roman policier suédois de David Lagercrantz, fait suite à la série des trois premiers tomes de Millenium, écrite par Stieg Larsson, décédé en 2004. L'auteur ne s'en cache pas puisque l'on trouve en exergue « D'après les personnages créés par Stieg Larsson (1954-2004) ». On retrouve donc dans ce thriller les personnages qui ont fait le succès de la trilogie, en particulier Mikael Blomkvist, journaliste d'investigation, et Lisbeth Salander en hackeuse géniale et hors norme. Le lecteur est très vite suspendu à l'histoire — malgré un début qui m'a semblé un peu lourd, peut-être l'écriture ? — et lâche ensuite difficilement l'intrigue passionnante et bien menée. 

Mais pourquoi parler de ce livre dans Interstices ? La quatrième de couverture parle d'Intelligence Artificielle, est-ce suffisant ? Certes, l'élément déclencheur de ce roman est le décès d'un chercheur, hors norme lui aussi, qui a dédié sa vie à l'intelligence artificielle et à la réalisation d'une intelligence supérieure. Il y est présenté comme « spécialiste mondial du concept hypothétique de la singularité technologique, état où l'intelligence des ordinateurs surpassera la nôtre ». Mais cette accroche médiatique est peu développée, et il ne faut pas s'attendre à des informations un tant soit peu approfondies sur ce thème. Il y est aussi beaucoup question de protection des données, d'intrusions par des puissances à visée néfaste, de hackers et hackeuses capables de déjouer les mécanismes de sécurité les plus sophistiqués. Cependant, le lecteur n'apprendra pas grand chose non plus sur ces sujets, à moins qu'il n'ignore les risques potentiels si des données tombent dans les mains des mafias les plus diverses, ou dans celles des organismes nationaux de surveillance de type NSA. Le livre aborde également les notions de crypto, d'algorithme de chiffrement de type RSA, et de factorisation des nombres premiers, et c'est peut-être là l'aspect technique informatique le plus développé, mais cela reste bien superficiel et au service avant tout de l'intrigue... Complété par un zeste de symdrôme d'Asperger, d'enfant surdoué, de relations familiales tordues, tous les ingrédients sont bel et bien là pour nous accrocher et nous tenir en haleine. Oublions donc l'aspect sciences du numérique, et dégustons sans modération ce nouvel épisode de la saga !

Marie-Odile Cordier

Le dernier fado de l'androïde

Hugues Bersini (Éditions Le Pommier 2013)

couverture

Ce petit livre regroupe six nouvelles à la fois amusantes et inquiétantes sur ce que pourrait être notre futur proche. Nos vies pourraient être envahies par l'informatique pour le meilleur... et pour le pire, grâce aux avancées technologiques et scientifiques. Celles-ci permettraient de construire des robots compagnons de plus en plus intelligents, et des réseaux neuronaux capables de percer les mystères de la musique, voire du sentiment amoureux.

La première nouvelle (à l'origine du titre du livre) use d'un ton assez différent, un peu plus noir, que les autres qui sont plus légères. Émaillée d'extraits de textes du poète Fernando Pessoa sur la vie, la conscience et la mort, elle aborde des questions philosophiques, sur fond de robotique.

Au travers de ces nouvelles à suspense, Hugues Bersini aborde avec brio plusieurs questions d'actualité qui font débat dans nos sociétés modernes. Et il réussit la prouesse d'expliquer au travers de ces histoires très humaines les dessous « algorithmiques » des avancées les plus récentes en apprentissage automatique et en robotique, en soulignant de façon amusante leurs dérives potentielles.

Marie-Christine Rousset

La déesse des petites victoires

Yannick Grannec (Éditions Anne Carrière 2012)

couverture

Dans ce roman, deux récits s'articulent de manière astucieuse. L'un, chapitres impairs, se déroule à Princeton, dans les années 1980, et dépeint la rencontre et l'apprivoisement de deux femmes : Anna, jeune documentaliste, chargée de récupérer le Nachlass du brillant scientifique Kurt Gödel auprès de sa veuve, Adèle Gödel. Celle-ci, en fin de vie dans une maison de retraite, est de caractère difficile, mais cherche une oreille à l'écoute de l'histoire de sa vie. Le second récit, chapitres pairs, raconte l'histoire sur 50 ans de ce compagnonnage d'Adèle et de Kurt.

Tranche de vie de ce mathématicien de légende, marquée par des fulgurances scientifiques, mais aussi par cette folie omniprésente qui, sous le couvert d'une maniaquerie extrême et d'une dépression chronique, l'envahit complètement et rythme le quotidien de son couple. Histoire d'un couple aussi, aux prises avec la famille, le milieu social, la politique, la maladie, la folie...  Adèle y est « la déesse des petites victoires » de la vie au quotidien, amoureuse et accompagnant au jour le jour son mari, savant génial mais fou, dont la tête est tellement prise par ses idées et ses obsessions qu'il en devient invivable.

Grande fresque du XXe siècle, si l'on s'en réfère à la quatrième de couverture, avec les tribulations de ce couple au fil des ans, qui sont autant de titres de chapitres : 1928, date de leur rencontre dans un bar de nuit, dans une Vienne rayonnant de ses intellectuels et de ses artistes ; 1930 avec la montée du nazisme, qui provoque la fuite progressive de cette élite et les laisse seuls, aux prises avec l'antisémitisme et le fascisme, jusqu'à ce qu'en 1940, les Gödel décident de s'enfuir eux aussi vers Princeton, temple de l'élite scientifique dans les années de guerre et d'après-guerre. Là, se côtoient Gödel et Einstein, dont les promenades à pied journalières sont connues, mais aussi Morgenstern, Von Neumann, Pauli, Oppenheimer... Puis les années cinquante aux États-Unis, celles du maccarthysme et d'Edgar Hoover, la guerre froide, la surenchère nucléaire, mais aussi les débuts du jazz... Après la mort d'Einstein en 1955, l'enfermement de Gödel dans sa folie au quotidien s'accentue, jusqu'en 1978, où il meurt dans un état de délabrement physique et psychique avancé.

Grande histoire des sciences, où s'imbriquent mathématiques, physique et informatique ; où les idées et les découvertes foisonnent dans ce lieu mythique qu'est Princeton. À noter, les contributions les plus marquantes de Gödel, telles que le théorème d'incomplétude, datent de ses débuts à Vienne alors qu'il était jeune universitaire, et qu'il venait de rencontrer Adèle. On suit l'évolution de ses recherches et on se régale des détails sur leur mode de vie à Princeton, avec de grands moments scientifiques certes, mais aussi les petites histoires du quotidien. Et cela fait écho au passage dans les mêmes lieux du mathématicien Cédric Villani, qu'il évoque dans son livre Théorème vivant.

Tout cela est séduisant et on reste pendu à ce livre, même si la fin est moins vive que le début, et qu'elle est alourdie par quelques longueurs, telles que l'aventure d'Anna et d'un médaillé Fields, ou la digression sur la cryptanalyse, directement sortie du livre de Simon Singh sur les codes secrets (cité par l'auteur...). Occasions de vulgarisation scientifique, qui passent très bien lorsqu'elles sont motivées par le sujet du livre, Gödel et les siens, mais qui, lorsqu'elles sont gratuites, se révèlent un procédé littéraire.

Mais j'ai aimé ce livre, cet entrelacement des trajectoires, ces anecdotes de vie au cœur de la grande histoire, cette vision rapprochée au quotidien des grands hommes de science (peu de femmes dans ce livre centré sur les années trente à soixante...) de cette époque passionnante. Sa lecture, après celle du livre de Cédric Villani, est un clin d'œil entre ces deux périodes à Princeton, et c'est un plus, je conseille la lecture des deux !

Marie-Odile Cordier

PS : Ne me demandez pas pourquoi un flamant rose flanqué de deux accolades sur la couverture, il y a bien un flamant rose dans le livre, mais les accolades, je ne vois pas, et suis curieuse de le savoir...

 

Flatland

Edwin A. Abbott (1884)

couverture

Version anglaise : Dover Publications, 1992
Version française en téléchargement gratuit.

La société de Flatland est extrêmement stratifiée. Contraints de se déplacer dans le plan qu’est leur monde, les individus y sont considérés en fonction du nombre de côtés que leur figure comporte. À un extrême se trouvent ainsi les cercles, dont le nombre de côtés est infini, à l’autre… les femmes, réduites à de simples segments de droite, et de ce fait particulièrement dangereuses lors de leurs déplacements. Le ton est donné. Dans cette société rigide et répressive, évolue Carré, le narrateur. Féru de géométrie, il explore par la pensée un monde unidimensionnel, Lineland, puis sans dimension, Pointland, avant de se voir révéler l’existence d’une dimension supplémentaire par l’incursion d’une sphère dans sa maison pentagonale. Mais malheur à ceux qui voient plus loin que leurs semblables…

Un texte délectable, écrit en 1884, source d’interprétations multiples, qui conduira peut-être ses lecteurs, selon les termes mêmes de la préface, à élever « leurs aspirations vers les secrets de la quatrième, de la cinquième ou même de la sixième dimensions, contribuant ainsi au développement de l’imagination […] ». Tâche ardue à laquelle vous pourrez immédiatement vous essayer à l’aide de l’ouvrage Visualiser la quatrième dimension de François Lo Jacomo (Éditions Vuibert).


L’assassin des échecs et autres fictions mathématiques

Benoît Rittaud (Le Pommier 2009)

couverture

Comme chacun sait, un orthocipède est un vélo à roues carrées… Un vélo que seuls les mathématiciens savent faire rouler sans heurts, à condition, il est vrai, de disposer d’une piste bien particulière ! Les algorithmiciens, eux, s’appuient sur des considérations de topologie élémentaire pour trouver un chemin qui mène de façon systématique hors d’un labyrinthe, aussi compliqué soit-il. Quant aux générateurs de nombres aléatoires, leurs défauts sont susceptibles de se révéler tardivement. Voici quelques-unes des considérations qui servent de prétextes à autant de petites histoires, prolongées par les explications techniques requises.

Et l’assassin des échecs dans tout cela ? Un jeu de mots sur la solution d’une enquête policière qui se poursuit par une présentation du théorème de Zermelo et von Neumann en théorie des jeux. Au total, douze histoires courtes pour accompagner le lecteur vers la découverte de quelques concepts de mathématiques et d’informatique, et le convaincre de leur omniprésence dans la vie quotidienne.

François Rechenmann

 

De l'origine des mathématiques

Clémence Gandillot (Éditions MeMo 2008)

couverture

Ce petit ouvrage, loin des normes de la bande dessinée classique, associe des dessins et des phrases très simples en apparence, pour nous offrir une origine métaphorique, vraiment originale et délicieusement délirante, de quelques pépites mathématiques enseignées à l'école ou au collège. La définition mathématique y devient poésie, jeu de mot ou trait d'humour.

Mieux encore ! La métaphore proposée est immédiatement contestable. Ainsi, un jeune spectateur de l'univers théâtral inspiré de cet ouvrage, ou d'un film d'animation qui en est issu, protestera contre le fait d'exprimer par une soustraction de la maman à elle-même l'arrivée du bébé. Mais si un enfant en arrive à cette complexe interrogation, c'est bien que le système a fonctionné, que les mots ont été trouvés pour le dire et que l'esprit critique est bien invité à se développer. La pensée, dans sa phase féconde de découverte, est désordonnée, la démarche que ce livre invite à partager en constitue par elle-même une preuve.

Pour en avoir un aperçu, nous vous proposons de télécharger l'avant-propos et l'un des chapitres en PDF.

 

Le problème de Turing

Harry Harrison et Marvin Minsky (Livre de Poche 1998)

couverture

Traduction de : The Turing Option (1992)

Ce livre est un techno-thriller exceptionnel à plusieurs titres. C'est d'abord un texte écrit à quatre mains par un écrivain renommé et le chercheur américain le plus connu dans le domaine de l'intelligence artificielle. C'est aussi un conte philosophique qui nous propose de réfléchir au fait que si un médecin remplaçait l'un des neurones de notre cerveau par un circuit électronique totalement identique, nous resterions évidemment nous-mêmes, s'il continuait avec un deuxième neurone, sûrement aussi. Mais après le remplacement de 10, 1000, 100 000 neurones, serions-nous encore nous-mêmes ? Ou devenus une intelligence artificielle ? Les auteurs nous font découvrir leur solution de fiction. Ou plus précisément de science-fiction, telle que nous pouvions la concevoir il y a quinze ans.

Ce qui est troublant, c'est que la science-fiction d'il y a quinze ans rejoint la réalité d'aujourd'hui, avec des premiers travaux en neuroélectronique montrant une jonction possible entre les neurones du cerveau et des puces en silicium. Même si ces premières expériences sont très limitées et ne concernent que des animaux, elles ouvrent la boite de Pandore de l'Homme bionique et d'une intelligence artificielle incarnée.


Le théorème du perroquet

Denis Guedj (Seuil 2000)

couverture

Un vieux libraire aidé de deux adolescents, de leur mère, d'un voisin et d'un perroquet enquête sur les circonstances étranges de la mort d'un vieil ami en Amazonie. Cette enquête est alors l'occasion d'une plongée pleine d'humour et de rebondissements dans l'histoire des mathématiques. Ce livre se lit très agréablement et présente de manière simple et récréative le monde des mathématiques.

Du même auteur, vous pouvez lire également Les Cheveux de Bérénice, Les mathématiques expliquées à mes filles, ainsi que Zéro (voir ci-dessous).

Les mathématiques expliquées à mes filles

Denis Guedj (Seuil 2008)

couverture

Une jeune fille, qui se déclare nulle en maths, dialogue avec son père. Les maths seraient nulles (eh oui, le zéro a un rôle fondamental en maths, voir le livre Zéro du même auteur), inutiles, voire violentes. Il est vrai qu’il faut apprendre le langage des maths, qu’il faut respecter une certaine rigueur, que la vérité mathématique est intraitable. Mais parfois, on peut voir une certaine beauté dans une démonstration. Un mathématicien est comme un chef cuisinier, il se sert des ingrédients et de son imagination pour concocter de petits plats. Alors, avant de détester les maths, il faut y goûter ! Le livre est ainsi prétexte à explorer l’arithmétique, l’algèbre, la géométrie, l’analyse, la logique, autant de mots qui font rêver (ou cauchemarder !).

Jocelyne Erhel

Zéro

Denis Guedj (Pocket 2007)

couverture

L’écriture positionnelle des nombres nous est tellement familière que nous en venons à oublier la puissance et la facilité de mise en œuvre qu'elle apporte aux calculs arithmétiques. S’il fallait encore se convaincre de ses qualités, il suffirait d’essayer d’additionner d’une part 365 et 651 et d’autre part CCCLXV et DCLI, leurs équivalents en chiffres romains… Il nous est aujourd'hui naturel d’interpréter 3805 comme 3 × 1000 + 8 × 100 + 0 × 10 + 5, mais le chemin a été très long pour parvenir à ce niveau d’abstraction dans l’écriture des nombres. Une rupture majeure a été l’invention du zéro pour marquer l’absence de milliers, de centaines, de dizaines ou d’unités, ou plus généralement, avec nos termes actuels, l’absence d’une puissance de 10 (puisque telle est la base habituelle), et de la prendre en compte dans les opérations.

C’est cette épopée, qui s’étale sur plus de trois millénaires, que conte Denis Guedj en mettant en scène de façon récurrente une jeune femme, Aémer, dans plusieurs époques successives. Un roman historique donc, qui nous rappelle que faire simple et puissant peut demander beaucoup de temps.

 

Le dernier théorème de Fermat

Simon Singh (Hachette 1999)

couverture

« L’équation xn + yn = zn n’admet pas de solutions entières non nulles pour n > 2 ». Tel est l’énoncé, particulièrement simple et accessible, d’une conjecture avancée par le français Pierre de Fermat vers 1640. Appelé « théorème de Fermat », parce que son auteur affirmait disposer d’une démonstration, qui selon lui ne tenait malheureusement pas dans la marge de l’ouvrage de Diophante qu’il était en train d’annoter, sa démonstration n’a finalement été obtenue qu’en 1995 par Andrew Wiles ; elle remplit une centaine de pages et fait appel à des mathématiques nouvelles.

Trois siècles et demi d’efforts donc, contés par Simon Singh en mêlant harmonieusement éléments mathématiques, magistralement rendus accessibles, biographies et anecdotes. On y rencontre nombre de mathématiciens et… une mathématicienne, Sophie Germain, contrainte de signer ses contributions « Monsieur Le Blanc » pour les faire accepter. Au-delà de sa lecture captivante, le livre de Simon Singh parvient à faire saisir l’extrême diversité des mathématiques et simultanément leur troublante unité.

 

Oncle Petros et la conjecture de Goldbach

Apostolos Doxiadis (Seuil 2004)

couverture

Petros Papachristos a-t-il vraiment abandonné la quête de sa vie, la démonstration de la conjecture de Goldbach, après sa rencontre fortuite avec un jeune étudiant de licence de Cambridge, Alan Turing, qui l’informe des travaux de Kurt Gödel sur l’incomplétude des mathématiques ? Ou bien n’a-t-il trouvé là que le bon prétexte pour arrêter ses recherches dévorantes et se consacrer à son jardin et aux échecs ? Quoi qu’il en soit, pour éviter à son neveu de connaître à son tour les tourments de la recherche en mathématiques, il lui impose de renoncer à cette carrière s’il ne parvient pas à démontrer avant la fin de l’été que « Tout nombre pair supérieur à 2 est la somme de deux nombres premiers »… Mais le neveu persiste, pose des questions, et cherche obstinément la vérité. Un roman au style fluide et souriant qui fait entrer dans le monde des mathématiciens et de leurs passions très humaines.


Requiem pour une puce

Gérard Ramstein (Seuil 2001)

couverture

Un « roman policier » se déroulant à Cambridge en 1929 et où se télescopent (au mépris total de la chronologie) les fondateurs de l'informatique, prétexte pour présenter les concepts de base de la discipline. Savoureux, informatif et très agréable à lire : à recommander à tous ceux qui ne veulent pas en savoir plus sur les sciences du numérique (pour les aider à changer d'avis...).
Qui a tué le professeur Stibitz ? Comment Alan Turing, étudiant aussi génial qu'original, va-t-il prêter main-forte à l'inspecteur Langsdale pour comprendre les rapports entre la pascaline et le langage binaire ?
Un livre pour tous, à lire sans modération.

Poulet farci

Rupert Morgan (Éditions 10-18 2002)

couverture

L'histoire se passe dans un pays qui ressemble fort aux États-Unis. Un petit reporter spécialisé dans le bizarre et le scandaleux se voit proposer d'écrire une biographie sur un grand magnat de l'informatique. Au fur et à mesure se développent plusieurs histoires, qui constituent une satire sociale (sont évoqués la révolution informatique, la course au profit au mépris de l'individu, le cynisme des dirigeants, la fatuité des politiques, les soucis quotidiens du « petit peuple »...) : loufoque et délirant. Mais aussi de quoi nourrir notre réflexion sur les enjeux des sciences et technologies de l'information et de la communication pour notre société.