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13/09/2005Sommaire du document
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À propos de dualités en sciences et technologies de l’information et de la communication
La dualité, cette coexistence de deux éléments différents, complémentaires ou opposés dans leur principe... En sciences et technologies de l'information et de la communication, plus d'une dualité se retrouve tant au niveau du contenu de ces sciences que de leurs enjeux, mais en premier lieu dans leurs méthodes. Sans chercher à être exhaustif, regardons ces points à travers quelques exemples.
Ces réflexions nous ont été inspirées par le thème proposé aux élèves des classes préparatoires aux grandes écoles pour les TIPE (travaux d'initiative personnelle encadrés) de l'année 2005-2006
. Nous espérons qu'elles ouvriront des pistes à toute personne qui souhaite approfondir son regard sur notre discipline.
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| © Pessin |
1. Dualités dans la méthode scientifique : deux repères
Lors de l'étude de ce qui est l'objet des STIC, c'est-à-dire l'étude des systèmes d'information industriels, physiques ou biologiques (qu'il s'agisse des systèmes symboliques ou cognitifs, évidemment des systèmes communicants, très souvent des systèmes numériques), les dualités sont omniprésentes. Que ce soit au niveau de la modélisation de ces systèmes, de leur conception s'ils sont industriels, de leur simulation s'ils sont biologiques ou physiques, ces dualités sont tellement présentes qu'il faut considérer l'occurence d'une dualité comme indissociable de la méthode scientifique utilisée.
Les dualités comme outils scientifiques
Faire apparaître une dualité ou une pluralité pour comparer et mieux comprendre de manière différentielle un formalisme. Opposer deux méthodes pour en faire émerger une nouvelle qui en les intégrant offre plus de possibles. Faire coopérer deux mécanismes ou plus pour bénéficier de leurs performances conjointes. Traiter volontairement conjointement deux sujets pour faire émerger de cette étude duale une synthèse d'un ordre supérieur. Ou plus souvent... constater que deux outils restent irréductibles en l'état actuel de nos connaissances et humblement les utiliser ensemble au mieux ! Voilà où se situent les dualités dans ces sciences.
Quiconque voudra montrer que - sur ce sujet - différents aspects de la démarche scientifique ont été appréhendés, maîtrisés et appropriés, devra se poser ces questions et relire (avec par exemple Bachelard « La philosophie du non ») comment la science contemporaine s'est construite de manière littéralement dialectique, en opposant à chaque thèse une anti-thèse qui la remet en question, avant de pouvoir trouver la solution dans une synthèse, elle-même candidate à une nouvelle remise en question.
Dualisme philosophique et dualités en science
En sciences, toute dualité est « provisoire », quand elle n'est pas tout simplement instrumentalisée, à prendre puis à laisser. En sciences, les dualités ne figent pas les choses mais permettent juste d'aider à aller de l'avant. Aucun jugement de valeur, évidemment, entre les deux pôles d'une dualité en sciences. Les dualités se contentent de rester humblement pragmatiques.
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Pire, comme le montre Jean-Marc Lévy-Leblond dans « Aux contraires », les sciences n'ont eu et n'auront de cesse que de rechercher l'unité, donc de dépasser la dualité, dans une conceptualisation qui englobe les deux pôles identifiés.
Considérer le dualisme comme une opposition, entre le bien et le mal par exemple, serait donc ici une erreur.
Le dualisme philosophique, lui, est le même que le dualisme scientifique, il ne s'applique simplement pas aux mêmes objets : si nous considérons le dualisme âme/corps, par exemple, on n'oppose pas l'âme au corps, on fait simplement apparaître leur différence d'essence. Mais l'âme sans le corps n'existe pas, donc on ne peut les opposer et les dissocier. Un autre exemple : l'être et l'étant. Le monde est composé d'êtres et d'étants qui forment une dualité et non une oppsition, puisqu'ensemble ils constituent le monde, comme l'âme et le corps constituent l'homme.
C'est en logique que les éléments de réflexion sur dualité et non-dualité
se développent de manière très proche entre la philosophie et les sciences de l'information, en particulier les mathématiques appliquées.
En bref, les dualités scientifiques ont beaucoup à nous apprendre : ce sont les philosophes des sciences, ceux qui font de l'épistémologie, qui nous le rappellent, ce sont les scientifiques qui le vivent au quotidien.
(Éléments validés grâce à Julia Bougeois, étudiante en philosophie à l'Université d'Aix en Provence.)

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