Asservissement visuel12/10/05 Les techniques d'asservissement visuel se situent à l'intersection des domaines de la robotique, de l'automatique et de la vision par ordinateur. Elles utilisent les informations fournies par un capteur de vision pour contrôler les mouvements d'un système dynamique. Ce système peut être réel dans le cadre de la robotique, ou bien virtuel pour l'animation d'entités artificielles ou la réalité augmentée.
Principes et applications de l'asservissement visuel sont montrés à travers l'exemple des recherches menées par l'équipe LAGADIC
Recherches en asservissement visuelQuelle que soit la configuration du capteur, pouvant aller d'une caméra embarquée sur l'effecteur d'un robot à plusieurs caméras déportées, il s'agit de sélectionner au mieux un ensemble d'informations visuelles fournies par le capteur.
Il faut ensuite élaborer une loi de commande contrôlant les degrés de liberté souhaités, afin que ces informations atteignent une valeur désirée, qui définit une réalisation correcte de la tâche. On peut ainsi réaliser une grande variété de tâches de positionnement du système par rapport à son environnement, ou de poursuite d'objets mobiles, en contrôlant de un à l'ensemble des degrés de liberté du système. Cette approche permet de compenser les imprécisions des modèles, aussi bien du capteur que du système à commander. Avec un capteur de vision, fournissant à la base des informations 2D, la nature des informations visuelles potentielles est extrêmement riche. En effet, pour l'asservissement visuel, on peut utiliser les informations 2D, telles que les coordonnées de points caractéristiques dans l'image, ou des informations 3D, fournies par un module de localisation exploitant les mesures 2D extraites. De cette richesse provient la problématique majeure de l'asservissement visuel, à savoir, parmi l'ensemble des informations potentielles, comment sélectionner celles qui fourniront un comportement satisfaisant au système ? Il convient également de développer des algorithmes de traitements d'images temps réel (c'est-à-dire à la cadence vidéo) pour extraire et suivre les mesures dans les séquences d'images acquises. Plates-formes expérimentalesLes travaux menés par l'équipe LAGADIC sont avant tout de nature méthodologique, mais il est inconcevable dans ce domaine de ne pas valider les résultats de recherche par des expérimentations sur des systèmes réels.
Deux plates-formes expérimentales servent ainsi à valider ses travaux en vision robotique. Ces plate-formes sont très faciles à utiliser, car bien maîtrisées et fondées sur du matériel industriel. Elles sont composées de robots de type manufacturier, l'un de structure cartésienne à six degrés de liberté, l'autre de structure cylindrique à quatre degrés de liberté. Ces deux robots sont chacun équipés d'une caméra embarquée sur leur effecteur et de cartes de numérisation d'images. Il est même possible de simuler des robots de nature complètement différente sur ces systèmes, afin d'effectuer facilement de premières expérimentations en toute sécurité. Ainsi, le modèle dynamique d'un robot sous-marin a pu y être intégré, pour étudier la stabilisation d'images et le positionnement de bras articulés non instrumentés. Un hélicoptère miniature a aussi pu être simulé, pour étudier la localisation et le contrôle de ses mouvements. Après validation, les résultats peuvent être intégrés sur des systèmes beaucoup plus délicats à manipuler. L'équipe dispose également d'un véhicule Cycab. Sur ce robot mobile électrique entièrement informatisé, les chercheurs ont installé une caméra montée sur une tourelle dont l'orientation peut être commandée, pour réaliser la détection et le suivi d'objets mobiles (piétons, autres véhicules). Une autre tourelle de télésurveillance a également été installée pour observer le domaine d'évolution du véhicule, et contrôler ses mouvements par asservissement visuel. Enfin, un nouveau robot d'acquisition d'échographies 3D, commun aux deux équipes LAGADIC et VISAGES Les recherches menées étant indépendantes du système robotique considéré, le robot et le capteur de vision peuvent même être virtuels. En collaboration avec l'équipe SIAMES Des applications existent également en vision par ordinateur et en réalité augmentée. Il s'agit alors de réaliser un asservissement visuel virtuel pour la localisation ou l'estimation du mouvement 3D, en vue de la réalisation d'effets spéciaux ou de la conception et de l'inspection d'objets manufacturés. Environnement logicielLe prototypage rapide de tâches d'asservissement visuel nécessite de développer un environnement logiciel |