À travers la lecture de quelques faits, ce document fait le point sur les technologies de l'information dans l'enseignement supérieur, et plus précisément en
classes préparatoires aux grandes écoles (CPGE) 
: des techniques pour l'information et la communication au service des étudiants et des professeurs, et pour le rayonnement des « prépas » à l'échelle nationale et internationale.
Puis, tout en mesurant les écueils et limites qui accompagnent l'usage des TICE, il propose une démarche prospective, développée par l'association
ePrep 
avec les
associations de professeurs de CPGE 
, pour mieux identifier les actions à entreprendre dans les années à venir.
1. Les TICE dans l'enseignement supérieur
Les méthodes d'apprentissage reposant sur la mise à disposition de l'apprenant de contenus pédagogiques grâce à un support numérique (cédérom, Internet, intranet, extranet, télévision interactive, etc.) toucheront dans les dix prochaines années la majeure partie de la population, se plaçant au cœur même de l'acquisition des connaissances et des cultures. C'est le e-learning ou la e-formation. De grandes avancées ont d'ores et déjà été réalisées dans ce domaine dans l'enseignement français.
Les TICE au quotidien : quelles nouvelles fonctionnalités pour l'enseignement ?
Le terme de TICE, en englobant les technologies de l'information et de la communication pour l'enseignement, amalgame des éléments différents. Essayons de débroussailler en raisonnant - sans volonté d'exhaustivité - en termes de fonctionnalités. Deux grands aspects se dégagent :
- la dématérialisation des documents
Les ouvrages (livres, cahiers d'exercices) électroniques, par exemple sur cédérom, et les documents du professeur sous forme de présentations pouvant contenir des illustrations, animations et interactions, rendent le cours plus attractif pour les étudiants. Ils favorisent aussi les échanges de supports pédagogiques entre professeurs. L'insertion de liens Internet, et de références facilement accessibles en complément du cours, permettent tout à la fois de mieux harmoniser les étudiants autour d'un socle de connaissances et aux plus avancés d'en apprendre plus. La prise de notes par l'élève sur ordinateur - par exemple en annotation du cours distribué électroniquement - augmente dans une certaine mesure la productivité des cours, en évitant la prise de note manuscrite, lorsqu'elle n'est pas utile à la mémorisation.
- l'augmentation des outils de communication
La mise en ligne d'un enregistrement vidéo du cours synchronisé avec les documents de la présentation, comme la possibilité de télé-conférence, permettent d'ouvrir les espaces d'enseignement, en facilitant le recours à des intervenants extérieurs et les échanges internationaux. La possibilité de dialogue électronique augmente les échanges entre enseignant et étudiants, par le biais d'une foire aux questions, ou de questions personnalisées... L'interaction peut avoir lieu pendant le cours même (par exemple en proposant un questionnaire à choix multiples pour évaluer l'impact d'un chapitre exposé). Par ailleurs, une fois acquis l'investissement dans les technologies, la gestion informatisée des établissements peut être source d'économies.
Ces exemples illustratifs ne peuvent être donnés sans mentionner aussi les risques et les limites de ces outils :
- La fracture sociale entre les étudiants dont la famille aura permis ou non un accès précoce aux technologies de l'information rend nécessaire une mise à niveau entre les étudiants, voire des soutiens financiers.
- L'impact économique sur les éditeurs commerciaux d'ouvrages scolaires est souvent mal évalué, notamment en termes de ressources humaines. Il s'agit donc de travailler de manière concertée, progressive et clairement planifiée.
- Il ne faut pas non plus négliger la fragilité des équipements et des biens intellectuels mis à disposition : risques de vols, de piratage..., ni l'ampleur de la formation des professeurs à prévoir.
Un panorama de l'offre
Le Ministère de l'Éducation nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche a lancé plusieurs initiatives dans le domaine des infrastructures et des services, comme dans celui des usages et des ressources, pour l'enseignement à tous les niveaux (primaire, secondaire, supérieur). Ainsi se sont développés des projets tels que le
bureau virtuel 
(ou cartable numérique) et, plus spécialement
pour l'enseignement supérieur 
, les Universités numériques en région, les Campus numériques français, les Universités numériques thématiques.
Le Centre national de l'enseignement à distance
(CNED), œuvrant dans le domaine de la formation ouverte et à distance (FOAD) depuis 64 ans, et partenaire de plusieurs Campus numériques, développe aujourd'hui des contenus et des services de téléformation.
Les grandes écoles sont également pilotes dans ce domaine, avec des projets comme ParisTech
, qui rassemble dix écoles d'ingénieurs de la région parisienne, ou la Grande école virtuelle
(GEV), proposée par le Groupe des Écoles des Mines.
Au delà, dans une logique d'ouverture, les chercheurs travaillent au niveau mondial à la normalisation et à la standardisation pour améliorer la pérennité des systèmes et leur interopérabilité (par exemple au Québec
). Par ailleurs, l'analyse en termes de retours des projets de e-formation, en formation initiale comme en formation continue, permet une réflexion approfondie sur l'usage pédagogique des TICE. On peut le lire par exemple dans la revue Distances et savoirs du CNED à propos des Énigmes de la relation pédagogique à distance
.
Les classes préparatoires aux grandes écoles (CPGE), formations du supérieur hébergées dans les lycées et non directement sollicitées par les initiatives ci-dessus, se devaient de relever elles aussi le défi posé par l'utilisation pédagogique des TICE. Disposant des moyens techniques dont les régions équipent les établissements et fortes de la grande motivation de leurs équipes pédagogiques, les CPGE ont d'abord développé des initiatives pionnières, puis tenté de fédérer ces initiatives en les accompagnant d'une réflexion sur l'utilité des TICE en CPGE, les changements pédagogiques qu'elles induisent, la place qu'elles doivent prendre à l'avenir, les projets à proposer au ministère pour qu'il les soutienne et les développe.