Les STIC : une définition14/09/05 Les STIC désignent l'ensemble des sciences et technologies concourant à l'étude, la conception et l'implémentation de modèles et systèmes opérationnels d'information et de communication. Telle est la définition proposée ici par l'ASTI
Explicitons un par un les termes de cette définition.
EnsembleL'acronyme STIC date de la fin du XXe siècle, mais le processus d'élaboration des sciences et technologies de l'information et de la communication remonte loin dans le temps. Leur développement (et leur terminologie) s'appuie sur le progrès des sciences comme sur les demandes de l'industrie et de la société. Elles prennent aujourd'hui des formes multiples qui rendent toute définition contestable d'un point de vue ou d'un autre. Celle que nous proposons ici n'a qu'un caractère d'orientation sans prétention de « vérité absolue ». Les STIC sont plus un « attracteur » qu'une entité à proprement parler dont on pourrait cerner les frontières avec précision. Sciences
Les STIC ne peuvent se concrétiser que grâce aux sciences physiques et chimiques, en particulier l'électronique des semi-conducteurs, les courants à haute fréquence, l'optique et, plus récemment, les nanosciences et la mécanique quantique. Les STIC et les sciences de la vie se fertilisent réciproquement, notamment dans l'élaboration de paradigmes comme la cybernétique, la systémique. Il en va de même avec les neurosciences, les sciences cognitives et l'ergonomie. Au-delà, les sciences de l'homme et de la société jouent par rapport aux STIC un rôle essentiellement évaluatif et critique : épistémologie, éthique, économie et sciences politiques. Technologies
Ces moyens technologiques s'organisent dans de grandes familles de dispositifs matériels spécifiquement STIC : unités de traitement (notamment de calcul), mémoires (disques durs et souples, CD-DVD), entrées/sorties, transmission à distance, interfaces homme-machine (écran, clavier, souris), dispositifs d'acquisition de données (capteurs, scanner) et d'action sur le monde extérieur (imprimante, actionneurs). Sur cette base s'installent les dispositifs logiciels : calcul et opérations logiques, structures de données (enregistrement, fichier... bases de données) et de contrôle (séquence ordinale, branchement impératif ou conditionnel), entités combinant calcul et données (objets, composants logiciels, agents, services, systèmes d'exploitation, outils d'administration), logiciels applicatifs. Conception
Les phases amont de cette conception, aux frontières de la recherche et du développement, sont pratiquées dans les laboratoires des industriels (fondeurs de circuits intégrés, constructeurs de composants et de dispositifs matériels complets comme les ordinateurs et les automates), des éditeurs de logiciels, des opérateurs de télécommunications et des prestataires de services les plus avancés. Les phases finales relèvent des utilisateurs (entreprises et particuliers) pour l'intégration finale de leurs systèmes : systèmes d'information et de gestion, systèmes de production industrielle, systèmes de défense, produits et services pour le grand public (électroménager, informatique domestique, domotique, jeux). La conception doit prendre en compte les coûts et les performances, les risques, la disponibilité, l'ergonomie, les enjeux humains et sociaux (emploi, libertés, sécurité), les conséquences pour l'environnement (dissipation d'énergie, recyclage des composants). Elle doit aussi respecter les règles de protection de la propriété industrielle. Il est souhaitable de recourir à des méthodes participatives (ou collaboratives), à l'ingénierie des exigences et à la logique des usages pour prendre en compte non seulement les besoins explicites mais aussi les besoins implicites et les désirs des utilisateurs finaux en entreprise, des consommateurs et des citoyens. La conception a elle-même recours aux STIC (ateliers logiciels) et à leurs formes les plus avancées (simulation, réalité virtuelle ou augmentée). Implémentation
Cette implémentation prend donc la forme d'une intégration progressive à partir des composants et en allant vers le système complet répondant aux objectifs fonctionnels assignés au système, tout en respectant des contraintes de performances et de qualité : temps de réponse, disponibilité, fiabilité, testabilité, maintenabilité, traçabilité, utilisabilité (ergonomie) et, le cas échéant, évolutivité. L'implémentation doit respecter les normes et standards applicables au domaine visé. L'implémentation matérielle s'exprime dans des architectures dont la diversité et la complexité s'accroît au fil des décennies : unités centrales et périphériques, systèmes multiprocesseurs (y compris les composants « multicœurs »), jeux de « cartes » ou « lames » de plus en plus puissantes et nombreuses, systèmes distribués et répartis, client-serveur, fermes de processeurs et grilles de calcul, réseaux neuronaux. Il en va de même pour les composants et outils logiciels et pour les services. L'implémentation logicielle se décompose traditionnellement en analyse, programmation et implantation (qui se termine par le déploiement, pour les systèmes à implantation multiple). Ces techniques sont utilisées dans le cadre de méthodes (ou méthodologies) plus ou moins formalisées, plus ou moins appuyées sur des environnements de développement intégrant des interfaces appropriées et des outils d'implémentation, en particulier les compilateurs de langages. Les tests, à tous niveaux, y occupent une place considérable. L'implémentation se prolonge par la maintenance, tant curative (en cas de dysfonctionnement) qu'évolutive (pour suivre l'évolution des technologies, des besoins ou de la demande des utilisateurs). La vie d'un système se termine par le recyclage de ses composants, qui doit avoir été prévu dès l'origine pour réduire les atteintes à l'environnement. Quand les systèmes ne sont pas livrés « clés en mains » ou exploités par un prestataire (externalisation), l'implémentation et l'intégration se déroulent sous l'autorité d'une maîtrise d'œuvre appelée en général DSI (direction des systèmes d'information). Le succès de l'implémentation et du déploiement dépend d'une bonne « conduite du changement ». Modèles
Systèmes opérationnelsLes systèmes opérationnels mettent les modèles en prise sur un environnement réel. Ils peuvent être plus ou moins autonomes (boucle ouverte ou boucle fermée).
Les logiciels et services s'organisent en traitements, coordonnés par un système d'exploitation, exploitant des données (et plus généralement des informations) reçues en entrée, fournissant d'autres informations en sortie. Ces entrées et sorties peuvent être échangées avec un utilisateur humain, via une interface homme/machine qui en assure la saisie ou la présentation, ou avec un processus automatisé (données venant de capteurs et assurant la commande d'actionneurs). Les fonctions peuvent s'organiser en processus. Un ensemble de traitements correspondant à une fonction donnée est une application. Un ensemble cohérent d'applications est parfois appelé « suite » (suite bureautique, suite de développement) ou « progiciel intégré de gestion ». Du point de vue temporel, le fonctionnement des systèmes peut dépendre des exigences d'un processus (temps réel, modes transactionnels et interactifs), de ses propres contraintes temporelles (par exemple le grand calcul scientifique) ou respecter un ordonnancement des tâches selon un cycle déterminé (exemple : traitement journalier par lots). Un système opérationnel peut n'être disponible à ses utilisateurs que sous forme de service. Information et communication
Dans l'ensemble des informations, on distingue traditionnellement les données (informations structurées directement exploitables par les machines) des connaissances (informations mises en œuvre par les êtres humains). Les STIC traitent aujourd'hui presque exclusivement de l'information « numérique » (traduction de l'anglais digital), c'est à dire codée sous forme binaire. Si nécessaire, cette information doit être préalablement numérisée. Cette information peut consister en signaux, nombres, textes, images fixes ou animées (vidéo), son et, de plus en plus souvent, une combinaison de ces différentes formes (multimédia, éventuellement immersif pour la réalité virtuelle). L'information peut être plus ou moins « structurée » (une série de nombres est plus structurée qu'une image, par exemple). En grande quantité, l'information s'organise en bases de données, voire en masses de données.
Les STIC sont nécessairement pluridisciplinaires, car elles portent des enjeux :
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