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Questions scientifiques et de société
 
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Auteur(s)
Thierry Chanard
Michel Parent (Chercheur)
Date de parution
23/11/2004
Sommaire du document
  1. La voiture et ses usages
  2. Expérimenter les cybercars
Document publié sous licence Creative Commons

 

Voir aussi
  • Transport automatique en centre-ville : d’une expérimentation à la généralisation ?
Mots-clés
  • Technologie
  • Environnement
  • Automobile
http://interstices.info/cybercar

Quelle place pour la voiture en ville ?  

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2. Expérimenter les cybercars

Vidéo au format Real : Le CyCab à Versailles
Le CyCab à Versailles.
Visionner la séquence
(Vidéo Real : utiliser RealPlayer)
Durée : 1 mn 30

Ce déplacement automatique a fait l'objet de recherches dès le début des années 1990. L'INRIA a ainsi présenté en 1996, un véhicule prototype, le CyCab en savoir plus, pour illustrer le potentiel de la robotique dans les déplacements urbains.

Autre exemple, c'est à la fin 1997 que l'aéroport de Schiphol à Amsterdam a mis en service les premiers véhicules routiers automatiques pour le transport de personnes en savoir plus.

Fort de ces recherches et des premières applications dans le public, l'INRIA a proposé à la Commission européenne le double programme de recherche CyberCars/CyberMove en savoir plus concernant les véhicules urbains automatiques, le premier volet étant appliqué aux technologies et le second aux études socio-économiques. Les véhicules automatiques étudiés dans ces projets sont désormais appelés des cybercars, selon une terminologie utilisée par le sénateur Trégouët en savoir plus, président de la Commission Innovation au Sénat.

Issus, le plus souvent, des technologies de robotisation, les cybercars sont guidés par des « rails électroniques » basés sur le GPS, des clous magnétiques, des repères optiques ou encore par un magnétoglisseur, rail magnétique placé dans le sol permettant, en outre, la transmission des informations et de l'énergie, le tout sans contact. La détection des éventuels obstacles s'effectue grâce à un système de lasers ou de caméras qui permet au véhicule d'avertir, de ralentir ou de s'arrêter.

Les cybercars ne sont pas seulement des véhicules à conduite automatique, ils sont aussi sous le contrôle d'un système de gestion qui adapte à tout moment l'offre en fonction de la demande et assure ainsi une bonne régulation qui évite la saturation du système.

Ces nouvelles formes de transport urbain sont testées afin d'examiner les effets de leur utilisation, en termes de mobilité, d'écologie urbaine mais aussi de coût et d'acceptation par les usagers.

Une expérimentation grandeur nature à Antibes

Parmi les 11 villes pilotes étudiées dans le projet CyberMove, Antibes s'est montrée particulièrement entreprenante. L'objectif était triple : démontrer d'une part que l'exploitation continue d'un cybercar est envisageable à court terme ; d'autre part, qu'il est possible d'intégrer ce type de transport futuriste sans barrières architecturales dans la ville ; enfin, que l'usager l'utilise volontiers, en toute confiance.

CyberMove à Antibes
CyberMove à Antibes.
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(Vidéo Real : utiliser RealPlayer)
Durée : 1 mn 30

Le résultat technique est probant : une navette a circulé du 3 au 13 juin 2004 le long du port de plaisance, transportant au total près de 3 000 personnes. Du point de vue urbanistique, il a été démontré que ce type de mobilité douce gagne, sur la voiture, au moins 2000 m2 par kilomètre de voirie. Autrement dit, il est envisageable de restaurer le domaine public au profit des piétons et de l'animation sociale, tout en assurant la mobilité urbaine. Enfin, l'enthousiasme général des premiers usagers semble indiquer une acceptation sociale aisée. La ville d'Antibes a d'ailleurs décidé d'étudier l'aménagement de la ligne telle qu'elle a été initialement projetée, sur la totalité du parcours (une boucle de 3 km). Cette ligne devrait permettre ainsi aux visiteurs venant en voiture de laisser leur véhicule à l'entrée de la ville dans un parking gratuit et de se rendre au port ou à la vieille ville sans engorger ni polluer le site.

A quoi ressembleront les cybercars du futur ?

Ils seront sans doute peu différents des monospace offerts maintenant par l'industrie automobile. Certains seront réservés aux espaces urbains, certains seront peut-être plus polyvalents et pourront ainsi sortir de la ville. D'autres seront adaptés aux livraisons de marchandises (en particulier avec le développement du e-commerce). Ils seront certainement très propres et silencieux, vraisemblablement grâce à une technologie hybride et un fonctionnement purement électrique en ville. Bien entendu, ils auront un fonctionnement automatique, mais aussi un fonctionnement manuel qui leur permettra ainsi d'avoir accès à toutes les infrastructures existantes.

Par ailleurs, la technologie du « platooning » (trains de véhicules sans contact) permet de transposer l'ambition d'une mobilité intégrale et intégrée à une réalité plus tangible.

train de cycabs
Train de CyCabs.

Demain, les opérateurs en matière de transports publics, outre les transports en commun existants, gèreront des flottes de véhicules aux interfaces identiques. Ces derniers seront répartis dans l'espace urbain afin de constituer une offre dispersée en libre-service intégral, sans réservation. Mais ces véhicules pourront se reconfigurer en transport en commun sur certains axes à forte demande à certaines heures. En effet, les techniques de l'automatisation ont démontré que de fortes capacités pouvaient être atteintes par ces véhicules (aux environs de 8000 véhicules par heure) sur des infrastructures légères. Si, de plus, on demande aux usagers de se regrouper dans ces véhicules (co-voiturage), on peut ainsi arriver à un transport en commun de forte capacité aux périodes de pointe qui peut redevenir un transport individuel à la demande dès que la pointe est passée.

Le remorquage rend dès lors chaque mobile urbain polyvalent, au service d'une mobilité fluctuante... et d'une amélioration sensible de l'alternative au véhicule privé. En effet, plus compacts, ces véhicules interviennent en parfaite complémentarité avec les transports en commun existants, rendant le service public beaucoup plus attrayant et performant, en particulier en offrant le porte-à-porte et la disponibilité totale.

Les perspectives en matière de mobilité urbaine sont très prometteuses dès lors que nos élus auront décidé d'engager une politique de revalorisation urbaine en savoir plus, forte et cohérente dans ses différentes composantes en matière de déplacements, d'urbanisme et d'animation sociale.

Pour aller où ? Vers une nouvelle ville attrayante, plus densément peuplée mais aussi plus conviviale, moins bruyante, moins polluée et surtout, plus mobile.

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