Les Newsletters Interstices
Illustration Mohamed Hassan via Pixabay, CC0
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    À glisser sous le sapin : les recommandations de Noël !

    Culture & Société
    Les sciences du numérique s'immiscent vraiment partout ! Que ce soit dans les romans ou les BD, nos domaines inspirent de plus en plus d'auteurs et d'autrices. Voici notre sélection hétéroclite d'ouvrages à offrir (ou à s'offrir)...

    Klara et le Soleil

    Kazuo Ishiguro (Gallimard, Collection Du monde entier, août 2021)

    Un coup de cœur !

    L’héroïne et narratrice, Klara, est une AA, une Amie Artificielle, un robot humanoïde de compagnie. Dans le futur proche où se déroule ce roman, un enfant peut avoir un ou une AA personnelle, qui l’accompagne et veille sur lui. Klara est une AA très douée pour l’observation et la compréhension des émotions des humains qui l’entourent. Il lui arrive même d’éprouver des émotions comme la peur ou l’excitation. La jeune adolescente à qui elle tient compagnie est malade et Klara, à sa façon, mettra tout en œuvre pour la sauver.

    On s’attache à ce personnage si empreint d’humanité. L’auteur, Kazuo Ishiguro, a cependant le talent de nous emmener dans la vallée de l’étrange bien connue en robotique, le moment où l’on croit avoir affaire à un humain et où on est dérouté par une réaction non humaine. Par exemple — et sans rien dévoiler d’essentiel —, Klara met sur le même plan, celui de la propriété personnelle, un AA ou un adulte accompagnant un enfant. Toutefois, cette étrangeté n’est ni perturbante ni désagréable, plutôt une sensation délicieuse comme celle d’un bonbon acidulé qui malgré sa douceur agace nos dents. Ce roman nous emmène aussi vers d’autres questions sur notre humanité, sa spécificité et ses limites.

    Futurs lecteurs,
    J’envie votre chance
    De découvrir ce roman.

    Pour en savoir plus sur les relations entre les robots et les humains dans notre monde actuel, et sur la vallée de l’étrange, voir Des robots et des humains.

    Nathalie Revol

    Sauve-la 

    Sylvain Forge (Éditions Le livre de poche, juin 2021)

    Alexis a une vie plutôt rangée : un travail stable, une future femme et un avenir tout tracé, quand il a la surprise de recevoir un message étrange : une reprise de contact de Clara, son premier amour, après 26 ans de silence.

    Sur une application de chat dédiée, il se met à échanger avec elle, qui l’appelle à l’aide pour une mission : sauver sa fille dont elle a perdu la trace. Au fil des échanges, tous sous forme textuelle, la situation
    lui semble de plus en plus étrange. Est-ce bien Clara avec qui il parle ? Pourquoi a-t-elle repris contact après tant d’années ? Pourquoi ne veut-elle pas le rencontrer ? Et pourquoi ne cherche-t-elle pas sa fille
    elle-même ?

    Au travers d’un polar bien rythmé se poseront des questions sur les impacts du développement d’intelligences artificielles sur nos vies. Leurs capacités au premier abord surprenantes, leurs limites aussi lorsqu’un chatbot n’apporte qu’une pâle copie de sa créatrice, et les risques d’addiction qu’ils engendrent. Si une IA était le seul lien qui nous rattache encore à quelqu’un qu’on a aimé, serions-nous prêts à nous en détacher ou risquerions-nous de nous attacher à cet ersatz de bonheur au risque de nous y perdre ?

    Sauve-la de Sylvain Forge, a reçu le « prix du roman Cyber » en 2021 décerné par l’Agora 41, récompensant un ouvrage de fiction traitant de thèmes touchant à l’informatique ou la cybersécurité.

    En bonus, une pertinente liste de lecture établie par l’auteur permet d’approfondir les thèmes, en lien avec le numérique, posés par le roman.

    Marie Duflot-Kremer

    La fabrique des souvenirs

    Clélia Renucci (Albin Michel, août 2021)

    Gabriel achète un souvenir vieux de 70 ans, d’un spectateur de la première représentation de Phèdre en 1942 avec la comédienne Marie Bell dans le rôle titre. En revivant ce souvenir, il tombe amoureux d’une inconnue assise devant lui, de son épaule nue et de sa nuque. Il n’a de cesse de retrouver d’autres souvenirs afin d’en apprendre plus sur elle. L’inconnue s’appelait Oriane Devancière et était une violoniste virtuose.

    Même si j’ai mis un peu de temps à me plonger dans ce roman, je l’ai finalement lu d’une traite, happée par cette histoire d’amitié et d’amour. L’intrigue se déroule à notre époque : un nouveau marché a pris place, le marché des souvenirs d’autrui, que l’on peut acheter et revivre à volonté. Les personnages principaux sont bien campés et attachants, même si certains personnages secondaires comme l’oncle Georges et Adélaïde sont traités avec moins de finesse psychologique. 

    La question du marché des souvenirs qui sous-tend le roman, cette nouvelle application de technologies numériques, m’a beaucoup intéressée. Le roman n’a aucune prétention technologique et ne précise pas comment sont enregistrés les souvenirs (« avec des électrodes sur les tempes » ou, plus modernes, via des « lentilles à souvenirs ») ni comment ils sont stockés (sur puce, de façon immatérielle mais aussi sur cartes perforées car pendant longtemps cette technologie aurait été gardée secrète par l’armée, puis popularisée dans les années 1990). Il ne précise guère non plus par quelles prouesses technologiques les souvenirs sont vécus par leurs acquéreurs : par un casque auditif et visuel, par l’addition de sensations liées au toucher et à l’odorat pour les plus récents.

    En revanche le roman aborde, avec une grande légèreté puisque ce n’est pas le thème central, certains usages mais aussi certaines dérives possibles de cette technologie.
    On y trouve des usages bénéfiques, comme l’anecdotique (mais romanesque) guérison d’une amnésie, en faisant revivre à l’amnésique des souvenirs semblables à ceux qu’il a oubliés.
    Un autre usage thérapeutique concerne le sevrage des addictions : « Pour compenser le manque, il a changé d’addiction. Il s’immerge dans des souvenirs mis en vente par de célèbres toxicomanes, qui lui procurent, je crois, le même type de sensation. », ces sensations pouvant même avoir un effet physique : « Gabriel […] se rendormit, sous l’effet apaisant et sophistiqué des volutes d’opium émanant du souvenir. »
    Plus important, le « devoir de mémoire » est permis de façon efficace par la technologie, comme l’illustre la plongée du héros dans des souvenirs de déportation :
    « Une section entière était réservée à la Seconde Guerre mondiale sur MnemoFlix, qui avait réussi à convaincre les fondations et musées de la déportation de mettre à disposition sur une plateforme dédiée les souvenirs des rescapés.
    […]
    Gabriel ressentait dans sa chair ces injures, dans son dos les impacts des coups de matraque. Il ôta son casque à souvenirs, la douleur était trop vive. Il le remit bien vite, sentant qu’il avait un devoir à accomplir : être à son tour le témoin de cette déportation.
    […]
    Tant qu’il n’avait pas d’image, pas de son, pas d’odeurs associées, tant que c’était simplement inscrit dans un registre du château de Vincennes, entre les tours médiévales, cela relevait de l’Histoire. Désormais, sa mémoire était marquée et cette immersion dans les souvenirs de cette Jacqueline Beraud lui bloquait la respiration. »

    D’autres usages ont moins d’impact sur la société, tels ces « lentilles à souvenirs » que certains portent pour assister, contre rémunération, à des concerts afin de transmettre le spectacle à leurs riches employeurs qui ne prennent plus la peine de se déplacer. Une autre façon de renflouer ses finances est la vente de souvenirs à laquelle s’adonne l’un des personnages, reporter photographe qui a sillonné le monde : « Il met ses souvenirs aux enchères comme les héros d’Eugène Sue leurs chemises à jabot « chez ma tante » ».
    Dans l’industrie du tourisme aussi, les boutiques de « souvenirs » ont modifié leur offre.

    Les usages plus problématiques sont furtivement évoqués au détour d’une phrase (il s’agit d’un roman, faut-il le rappeler, non d’un essai), citons la vente de souvenirs coloniaux : « Une partie de l’histoire de France qui sentait le soufre se négociait dans cette petite salle », le manque de législation concernant les souvenirs des défunts, et surtout l’inexistence de l’application MnemoPorn et avec elle de toutes les implications non mentionnées sur le droit à l’image et à l’intimité, inexistence évacuée via un extrait du règlement de l’unique société capable de gérer l’enregistrement de souvenirs : « MemoryProject se réserve le droit de refuser un souvenir jugé choquant. » La question de l’authenticité des souvenirs est rapidement évacuée elle aussi : « Les maisons de vente aux enchères furent considérées comme un bon canal de distribution et d’échange marchand, les commissaires-priseurs engageant leur réputation pour éviter les faussaires et certifier la qualité des lots. »

    La thématique principale du roman reste le rapport au passé, « cette forme d’idéalisation du passé que revêt notre époque », et la difficulté du personnage principal à s’en détacher pour revenir au présent.

    Ce roman a fait écho en moi à la réflexion de Michel Serres sur l’externalisation de notre mémoire, qui selon lui doit nous conduire à développer de nouvelles formes d’utilisation de notre cerveau, ce qu’il exprimait ainsi : « nous sommes condamnés à devenir inventifs, à devenir intelligents ». Dans « La fabrique des souvenirs », cette externalisation est poussée à l’extrême.

    Nathalie Revol

    Les audaces de Sophie Germain

    E. Tartaglini, A. Filippini, A. Ferrari (Éditions Petit à Petit, 2021)

    Sophie Germain est une mathématicienne française, née en 1776 et morte en 1831. À une époque où l’instruction dispensée aux filles n’avait d’autre objectif que de les préparer à être de bonnes maîtresses de maison, Sophie Germain s’est passionnée pour les mathématiques. Elle a réussi, en autodidacte, à mener à bien, seule, son apprentissage, à une époque qui coïncide avec la création de l’École Polytechnique. Avec audace, comme le souligne le titre de la BD, elle a usurpé l’identité d’un certain Auguste Leblanc, démissionnaire de cette école, pour accéder aux enseignements qui y étaient dispensés.Sa vie est ensuite une succession de prises de contact audacieuses et de rencontres fortuites avec les plus grands noms de son temps — Gauss en particulier, mais aussi Lagrange qui le premier lui a accordé sa confiance, ou Legendre et Fourier — qui ont débouché sur des échanges fructueux. On ne peut cependant pas passer sous silence les déboires, mesquineries et mise à l’écart du cercle des savants de son époque, qui l’ont isolée et ont compliqué son travail.

    Par son dessin classique et réaliste aux tons chauds, par un choix judicieux de moments de sa vie qui éclairent son parcours et nous rendent accessibles son tempérament, ses difficultés et les épreuves qu’elle a traversées, la BD rend fidèlement hommage à la mathématicienne et à ses travaux. Les pages doubles insérées entre chaque chapitre approfondissent utilement et de façon très pédagogique le contexte historique et les différents aspects de ses travaux mathématiques et physiques. Elles donnent un éclairage sur les contributions majeures de Sophie Germain en théorie des nombres, qui ont contribué à la preuve du grand théorème de Fermat et ont été saluées par Gauss, et ses avancées sur les surfaces élastiques qui lui vaudront un prix de l’Académie des Sciences.

    Sophie Germain est une femme dont on ne peut qu’admirer l’intelligence et la persévérance. En comparaison des obstacles qui ont été dressés en travers de sa route, nous apprécions pleinement les facilités d’accès aux connaissances actuelles, mais nous mesurons aussi à quel point il reste du chemin à parcourir avant de parvenir à l’égalité entre femmes et hommes dans les sciences.

    Pour en savoir plus : les autrices de cette BD se sont appuyées sur la biographie « Je suis… Sophie Germain » d’Anne Boyé et Christine Charretton (2018, Jacques André éditeur) que l’on pourra aussi lire avec profit, et sur des échanges avec ces dernières.

    Nathalie Revol

    Les décodeuses du numérique

    Léa Castor, Célia Esnoult, Laure Thiébault (CNRS Éditions, 2021)

    Cette BD propose douze portraits de femmes.

    Curieuses, créatives, passionnées par leur métier.

    Baroudeuses, ouvertes aux autres et au monde.

    Exploratrices des interactions avec d’autres disciplines et des applications de leurs travaux.

    Ces douze femmes, de toutes origines, de tous âges, de tous les coins de France, ont un point commun : elles sont informaticiennes.

    Bien loin des lieux communs sur les informaticiennes et les informaticiens,

    Bien loin de la rigueur sans fantaisie, de la froide logique, de la patience et même de l’abnégation que l’on associe souvent aux métiers de l’informatique,

    Ces femmes sont joyeuses, solidaires, engagées : en un mot, vivantes.

    C’est ainsi que les montre cette BD qui donne envie de les rencontrer et de partager leur enthousiasme communicatif.

    Pour cela, rien de plus simple : plongez-vous dans la BD « Les décodeuses du numérique », dessinée par Léa Castor, pilotée par Célia Esnoult et Laure Thiébault et parue aux CNRS Éditions, disponible en version papier ou ici.

    Nathalie Revol

    Les Maths font leur cinéma

    Jérôme Cottanceau (Éditions Dunod, janvier 2021)

    Ce livre n’est pas un ouvrage pour cinéphiles écrit par un critique de cinéma : vous ne trouverez pas de commentaires sur la lumière, les décors, la musique ou le jeu des acteurs. En revanche les scénarios sont passés au crible de la vérité historique. Ce livre n’est pas un manuel de mathématiques : aucune prétention à la progressivité ni à l’exhaustivité des domaines couverts. Les questions évoquées sont parfois accessibles à des collégiens ou des collégiennes, et parfois en lien avec la recherche actuelle. Les solutions sont parfois totalement développées et parfois seulement évoquées.

    « Les maths font leur cinéma » est un livre personnel, avec un choix de films guidé par un unique fil rouge : la présence, plus ou moins centrale, de questions mathématiques spécifiques. Pour chaque film choisi, l’auteur fait un arrêt sur image sur une ou plusieurs scènes dans laquelle apparaît un problème mathématique, comme par exemple celles où l’on peut lire sur un tableau les deux défis du professeur Lambeau, brillamment résolus — ou non, c’est ce que vous découvrirez en lisant ce livre — par le jeune prodige Will Hunting.

    Pour chacune de ces questions mathématiques, Jérôme Cottanceau la replace si besoin dans son contexte historique puis, selon sa difficulté, il nous guide pas à pas jusqu’à sa résolution complète ou bien il nous fait toucher du doigt sa difficulté. Cela explique que les mathématiques abordées soient aussi diverses que la présentation des nombres \(\pi\), ou \(\varphi\) le nombre d’or, ou bien que le problème (ouvert) de l’existence de solutions à l’équation de Navier-Stokes, en passant par la théorie des graphes, la théorie des jeux ou la machine de Turing. La seule ligne directrice de Jérôme Cottanceau, vulgarisateur hors pair en mathématiques, est de nous emmener, comme il sait si bien le faire, à découvrir le plaisir des mathématiques. Si, comme moi, vous vous plongez avec papier, crayon et délices dans une énigme mathématique ou si vous vous offrez une soirée « ciné-club » pour (re)découvrir l’un des films mentionnés ici, alors le pari de l’auteur de ce livre inclassable sera réussi.

    Derrière Jérôme Cottanceau se cache El Ji, une chaîne de vulgarisation en mathématique que nous vous conseillons avec plaisir.

    NDLR : Ce livre a reçu le prix Tangente 2021. 

    25 Énigmes ludiques pour s’initier à la cryptographie

    Pascal Lafourcade, Malika More (Éditions Dunod, 2021)

    Malika More et Pascal Lafourcade nous proposent un livre ludique pour nous initier à la cryptographie. Outre le côté instructif et éducatif du sujet, ce livre soumet à notre sagacité 25 énigmes (voire plus) addictives, comme en témoigne mon acharnement à les élucider dès la réception de l’ouvrage. Réfléchir, rechercher, s’égarer sur une fausse piste, recommencer et finalement trouver la solution : ces énigmes vous feront vous creuser la cervelle et paniquer, mais sans excès car elles sont avant tout ludiques. Il est cependant aisé de prévoir et de doser ses efforts, grâce à l’indication de niveaux de difficulté, de une à quatre étoiles, et ces niveaux sont calibrés de façon pertinente. Toutefois, si vous séchez, ne désespérez pas, des indices — qui vont crescendo — vous sont proposés.

    Une seconde partie du livre est consacrée à la solution de chaque énigme et surtout à une mise en contexte, historique et technique, de la méthode cryptographique employée. Rien à redire non plus sur cette seconde partie, tous les résultats sont accompagnés d’explications claires et compréhensibles. Ils sont ordonnés par difficulté croissante, avec une progressivité judicieusement construite et dont le niveau est majoritairement accessible en fin de lycée. Toute la difficulté d’une solution repose parfois, en effet, sur son usage pratique réel, même si le principe général peut être expliqué simplement.

    Énigme après énigme les auteurs nous offrent un panorama de la cryptographie. Si, à l’école, on enseigne aux élèves à calculer en cent leçons, dans ce livre Pascal Lafourcade et Malika More nous initient à la cryptographie en 25 énigmes. Avec seulement 6 énigmes datant d’avant 1945, ils ont réussi la prouesse de rendre accessibles les problématiques et les techniques les plus récentes. La variété est également au rendez-vous, puisque sont abordées aussi bien le chiffrement à clé publique que les attaques par canaux cachés ou encore de type « man in the middle ». Une mention spéciale est décernée à l’énigme portant sur les bitcoins, qui permet de se familiariser avec les notions de blockchain et de minage. Tout comme la robustesse du vote électronique, la sécurité de nos mots de passe est décortiquée et des conseils pratiques sont prodigués.

    Avant de conclure cette recommandation de lecture, je voudrais insister encore sur quelques aspects notables de cet ouvrage. Non sans humour, les auteurs nous régalent d’anecdotes, jeux de mots et contrepèteries : l’aspect ludique ne se cantonne pas au plaisir de résoudre les énigmes, il se décline aussi dans la formulation des solutions. Touche par touche, les auteurs ont également rendu vivante et humaine la cryptographie, en émaillant leur propos des portraits de celles et ceux qui ont compté ou comptent encore dans ce domaine toujours en ébullition.

    Nathalie Revol

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