Zéro
Denis Guedj (Pocket 2007)
L’écriture positionnelle des nombres nous est tellement familière que nous en venons à oublier la puissance et la facilité de mise en œuvre qu'elle apporte aux calculs arithmétiques. S’il fallait encore se convaincre de ses qualités, il suffirait d’essayer d’additionner d’une part 365 et 651 et d’autre part CCCLXV et DCLI, leurs équivalents en chiffres romains… Il nous est aujourd'hui naturel d’interpréter 3805 comme 3 × 1000 + 8 × 100 + 0 × 10 + 5, mais le chemin a été très long pour parvenir à ce niveau d’abstraction dans l’écriture des nombres. Une rupture majeure a été l’invention du zéro pour marquer l’absence de milliers, de centaines, de dizaines ou d’unités, ou plus généralement, avec nos termes actuels, l’absence d’une puissance de 10 (puisque telle est la base habituelle), et de la prendre en compte dans les opérations.
C’est cette épopée, qui s’étale sur plus de trois millénaires, que conte Denis Guedj en mettant en scène de façon récurrente une jeune femme, Aémer, dans plusieurs époques successives. Un roman historique donc, qui nous rappelle que faire simple et puissant peut demander beaucoup de temps.
Le théorème du perroquet
Denis Guedj (Seuil 2000)
Un vieux libraire aidé de deux adolescents, de leur mère, d'un voisin et d'un perroquet enquête sur les circonstances étranges de la mort d'un vieil ami en Amazonie. Cette enquête est alors l'occasion d'une plongée pleine d'humour et de rebondissements dans l'histoire des mathématiques. Ce livre se lit très agréablement et présente de manière simple et récréative le monde des mathématiques.
Du même auteur, vous pouvez lire également Les Cheveux de Bérénice et Les mathématiques expliquées à mes filles.
Le dernier théorème de Fermat
Simon Singh (Hachette 1999)
« L’équation xn + yn = zn n’admet pas de solutions entières non nulles pour n > 2 ». Tel est l’énoncé, particulièrement simple et accessible, d’une conjecture avancée par le français Pierre de Fermat vers 1640. Appelé « théorème de Fermat », parce que son auteur affirmait disposer d’une démonstration, qui selon lui ne tenait malheureusement pas dans la marge de l’ouvrage de Diophante qu’il était en train d’annoter, sa démonstration n’a finalement été obtenue qu’en 1995 par Andrew Wiles ; elle remplit une centaine de pages et fait appel à des mathématiques nouvelles.
Trois siècles et demi d’efforts donc, contés par Simon Singh en mêlant harmonieusement éléments mathématiques, magistralement rendus accessibles, biographies et anecdotes. On y rencontre nombre de mathématiciens et… une mathématicienne, Sophie Germain, contrainte de signer ses contributions « Monsieur Le Blanc » pour les faire accepter. Au-delà de sa lecture captivante, le livre de Simon Singh parvient à faire saisir l’extrême diversité des mathématiques et simultanément leur troublante unité.
Les femmes et la science
Gérard Chazal (Ellipses 2006)
C'est bien la mixité des genres qui aide à créer la mixité des idées et l'ouverture... dans les sciences comme dans toutes les activités humaines. Très souvent, les collègues féminines apportent un regard neuf, plus ouvert et moins « mécaniste » aux disciplines scientifiques qui les accueillent. Certes il n'est pas toujours facile d'être une femme scientifique ! Il n'y a encore pas si longtemps, l'usage voulait qu'elles publient sous un nom d'emprunt... masculin. Pourtant, toutes ces femmes ont ajouté à leur génie le courage de leur lutte pour s'imposer dans le monde masculin des sciences. C'est à ces femmes remarquables que ce livre est consacré, à leurs apports éminents aux savoirs de l'humanité, aux obstacles culturels, idéologiques et sociaux qu'elles ont dû vaincre.
Oncle Petros et la conjecture de Goldbach
Apostolos Doxiadis (Seuil 2004)
Petros Papachristos a-t-il vraiment abandonné la quête de sa vie, la
démonstration de la conjecture de Goldbach, après sa rencontre
fortuite avec un jeune étudiant de licence de Cambridge, Alan Turing,
qui l’informe des travaux de Kurt Gödel sur l’incomplétude des
mathématiques ? Ou bien n’a-t-il trouvé là que le bon prétexte pour
arrêter ses recherches dévorantes et se consacrer à son jardin et aux
échecs ? Quoi qu’il en soit, pour éviter à son neveu de connaître à
son tour les tourments de la recherche en mathématiques, il lui
impose de renoncer à cette carrière s’il ne parvient pas à démontrer
avant la fin de l’été que « Tout nombre pair supérieur à 2 est la
somme de deux nombres premiers »… Mais le neveu persiste, pose des
questions, et cherche obstinément la vérité. Un roman au style fluide
et souriant qui fait entrer dans le monde des mathématiciens et de
leurs passions très humaines.
Requiem pour une puce
Gérard Ramstein (Seuil 2001)
Un « roman policier » se déroulant à Cambridge en 1929 et où se télescopent (au mépris total de la chronologie) les fondateurs de l'informatique, prétexte pour présenter les concepts de base de la discipline. Savoureux, informatif et très agréable à lire : à recommander à tous ceux qui ne veulent pas en savoir plus sur les STIC (pour les aider à changer d'avis...). Qui a tué le professeur Stibitz ? Comment Alan Turing, étudiant aussi génial qu'original, va-t-il prêter main-forte à l'inspecteur Langsdale pour comprendre les rapports entre la pascaline et le langage binaire ?
Un livre pour tous, à lire sans modération.
Poulet farci
Rupert Morgan (Éditions 10-18 2002)
L'histoire se passe dans un pays qui ressemble fort aux États-Unis. Un petit reporter spécialisé dans le bizarre et le scandaleux se voit proposer d'écrire une biographie sur un grand magnat de l'informatique. Au fur et à mesure se développent plusieurs histoires, qui constituent une satire sociale (sont évoqués la révolution informatique, la course au profit au mépris de l'individu, le cynisme des dirigeants, la fatuité des politiques, les soucis quotidiens du « petit peuple »...) : loufoque et délirant. Mais aussi de quoi nourrir notre réflexion sur les enjeux des sciences et technologies de l'information et de la communication pour notre société.